123juridique.fr

Les conditions d'attribution de la prime d'exercice en soins critiques

Réponse ministérielle (Assemblée nationale) 15 novembre 2022 rémunération prime d'exercice en soins critiques
Source officielle

Ce qu'il faut retenir

La réponse précise que le décret n° 2022‑19 prévoit initialement la prime pour les infirmiers en soins généraux et cadres, mais que, depuis novembre 2022, le ministre a annoncé son extension à tous les professionnels des soins critiques, y compris les infirmières puéricultrices. Elle rappelle également la grille indiciaire supérieure des puéricultrices, mais ne détaille pas les modalités concrètes d’application ni les recours possibles.

Analyse générée automatiquement : vérifiez toujours sur le document source avant de vous en prévaloir.

La question

Mme Marie-Pierre Rixain appelle l'attention de Mme la ministre de la santé et de la prévention sur les conditions d'attribution de la prime d'exercice en soins critiques. En décembre 2021, le Premier ministre et le ministre des solidarités et de la santé ont annoncé une augmentation salariale de 100 euros nets mensuels pour les infirmiers travaillant en services de soins critiques dans les établissements de santé publics et privés à compter du 1er janvier 2022. Cette augmentation, qui prend la forme d'une prime pérenne et intégrée à la rémunération, a vocation à reconnaître la spécificité de l'exercice des fonctions d'infirmier au sein des différentes structures composant les soins critiques. Pour cela, le décret n° 2022-19 du 10 janvier 2022 est venu créer la prime d'exercice en soins critiques pour les infirmiers en soins généraux et les cadres de santé au sein de la fonction publique hospitalière. Son article 2 précise que bénéficieront de cette prime « les infirmiers régis par le décret du 30 novembre 1988 » parmi lesquels figure « le corps des puéricultrices ». Or les infirmières puéricultrices, un peu partout sur le territoire et notamment au sein du GHNE de Longjumeau, font état de leur exclusion du bénéfice de cette prime. Pour quelle raison les infirmières puéricultrices ne pourraient-elles pas prétendre à une prime liée à leur lieu et leurs conditions d'exercice, alors que leurs collègues en soins généraux et leurs cadres la perçoivent ? De même, il faut rappeler que les infirmières puéricultrices effectuent une année d'étude supplémentaire pour se spécialiser et qu'à ce jour cette spécialité n'est pas reconnue financièrement : en moyenne, une infirmière puéricultrice gagne 30 euros nets supplémentaires par mois par rapport à ses collègues non spécialisés. Faut-il voir dans cette grille salariale un message visant à décourager cette spécialisation, voire plus largement, les soins urgents autour du nouveau-né ? Aussi, elle lui demande ce qui justifie cette situation et quand son ministère entend verser cette prime aux infirmières puéricultrices conformément aux dispositions du décret n° 2022-19 du 10 janvier 2022.

La réponse ministérielle

Depuis le mois de janvier 2022, en application du décret n° 2022-19 du 10 janvier 2022, une prime d'un montant de 118 euros brut par mois est versée à un certain nombre de soignants exerçant au sein des services de soins critiques des établissements de santé. Cette prime a notamment vocation à reconnaître la spécificité de l'exercice au sein des différentes structures composant les soins critiques. Plus spécifiquement, le décret prévoit l'éligibilité à cette prime des infirmiers en soins généraux et cadres de santé. Les infirmiers puériculteurs ne bénéficiaient pas jusqu'alors de cette prime. Début novembre 2022, le ministre de la santé et de la prévention a annoncé l'extension du bénéfice de cette prime à tous les professionnels soignants exerçant dans des services de soins critiques, incluant de fait les aides-soignants, les auxiliaires de puéricultures, les infirmiers spécialisés (dont les infirmiers puériculteurs) mais aussi les masseurs-kinésithérapeutes, les psychologues… Pour mémoire, les infirmiers puériculteurs, du fait de leur spécialisation et de leur niveau de qualification supérieur, bénéficient, par ailleurs, d'une grille indiciaire qui leur est spécifique avec une valorisation supérieure à celle des infirmiers sans spécialisation. Pour les puériculteurs régis par le décret n° 2010-1139, le déroulement de leur carrière se réalise sur les grades 2 et 3 du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés, là où les infirmiers sans spécialisation évoluent sur les grades 1 et 2 de ce même corps. Pour ces puériculteurs, cela se traduit, par exemple, par un sommet de grille supérieur de 42 points à celui des infirmiers sans spécialisation, l'équivalent de 203,70 euros brut par mois. Pour les puériculteurs régis par le décret n° 88-1077, le déroulement de leur carrière se réalise sur une grille distincte et supérieure à celle applicable aux infirmiers sans spécialisation de catégorie B. Pour ces puériculteurs, cela se traduit par un sommet de grille supérieur de 62 points à celui des infirmiers sans spécialisation de catégorie B, l'équivalent de 300,70 euros brut par mois.

Sur le même thème

Doctrine (centres de gestion) rémunération

fiche_pratique_nbi_64bf83e73a524.pdf

Cette synthèse pédagogique du CDG 89 rappelle utilement les principes de la NBI dans la FPT : bénéficiaires, caractère obligatoire en cas d’exercice effectif des fonctions, absence de délibération, arrêté nécessaire et effets sur la rémunération/retraite. Elle est exploitable pour une première information syndicale, mais reste incomplète car elle ne détaille pas les fonctions ouvrant droit ni les points attribués par les décrets applicables.

Doctrine (centres de gestion) rémunération

Télécharger

Cette synthèse pédagogique du CDG 39 fournit des grilles indiciaires actualisées au 1er janvier 2024 avec l’ajout de 5 points d’indice majoré, notamment pour les catégories C et B. Elle est concrètement utile pour vérifier la rémunération indiciaire, l’échelon et la durée d’avancement d’un agent, tout en rappelant que seule la réglementation applicable fait autorité.

Doctrine (centres de gestion) rémunération

fiche_avantages_en_nature_64bf8b352b482.pdf

Cette fiche, élaborée par le CDG 89 Yonne, résume les règles de base relatives aux avantages en nature dans la fonction publique territoriale : définition, nécessité d’une délibération, inscription sur le bulletin de paie et impact sur les cotisations et l’impôt. Bien qu’il s’agisse d’une synthèse pédagogique sans valeur juridique, elle constitue un repère pratique pour les agents et les représentants syndicaux afin d’identifier les obligations de la collectivité et les droits des agents.

Réponse ministérielle (Assemblée nationale) 29 novembre 2022 rémunération

Les modalités d'attribution de la prime d'exercice de soins critiques

La réponse détaille le décret du 10 janvier 2022 et précise les catégories initialement éligibles à la prime, ainsi que l'annonce d'une extension à tous les professionnels des soins critiques. Cependant, elle ne confirme pas d'engagement définitif ni ne fournit de cadre juridique permettant aux agents de revendiquer la prime, limitant ainsi son utilité concrète pour la défense des intérêts des agents.

Rejet Cour administrative d'appel 27 octobre 2022 rémunération

Cour administrative d'appel de Versailles, 27/10/2022, n° 21VE02961

Un agent territorial ayant perçu une indemnité de départ volontaire doit la rembourser s’il est recruté comme titulaire ou contractuel dans l’une des trois fonctions publiques dans les 5 ans suivant sa démission. La CAA valide la légalité de l’article 6 du décret du 18 décembre 2009 : cette obligation de remboursement ne porte pas atteinte à la liberté contractuelle, car elle n’interdit pas le recrutement mais en tire seulement les conséquences financières.